Biocarburants, le rapport qui jette un pavé dans la mare

Transport et Environnement dénonce dans un rapport cinglant les biocarburants qui seraient un trompe-l’œil et ne contribueraient en rien à la transition énergétique, au contraire. Leur production se traduirait par un gaspillage de terres agricoles et d’eau. Et pourtant compte tenu des législations, leur utilisation doit fortement augmenter dans les prochaines années notamment dans le transport maritime et le transport routier de marchandises.

Dans un rapport publié il y a quelques jours, l’ONG Transport et Environnement (T&E) s’en prend aux biocarburants qui seraient même responsables de plus d’émissions de CO2 (environ 16% de plus) que les carburants fossiles qu’ils sont censés remplacer. Pour Bastien Gebel, responsable de la décarbonation de l’industrie automobile de T&E France :

« les biocarburants sont une fausse solution climatique. Ils gaspillent des terres, de la nourriture et des millions d’euros de subventions ».

Transport et Environnement s’appuie sur des recherches de Cerulogy, une société britannique de consulting, et des données de la Banque mondiale.

Le raisonnement suivi est le suivant. La production des biocarburants provient essentiellement et directement aujourd’hui des cultures. Du coup, les besoins croissants en biocarburants, qui correspondent notamment à des obligations d’incorporation dans de nombreux pays, sont gourmands en terres agricoles.

A eux seuls, le maïs et la canne à sucre seraient aujourd’hui à l’origine de la moitié de la production des biocarburants.

Or, la production de ces biocarburants dits de première génération s’est beaucoup développée dans des pays comme le Brésil ou l’Indonésie, où la pression agricole est forte et où l’activité conduit à une déforestation intense. Dans ce cas, les émissions de ces biocarburants sur toute leur durée de vie seraient deux à trois fois supérieures à celles des carburants fossiles…

C’est le poids de ces pays dans l’économie mondiale des biocarburants, auquel il faut ajouter les fraudes à l’huile de palme dans des pays où elle est interdite, qui explique les conclusions du rapport.

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Une réponse

  1. Je vous engage à aller sur le site kin152.fr où vous trouverez à la rubrique climatologie un cadre « Publications et interventions » après ouverture descendez jusqu’à « Marcel Terrier » où vous trouverez le document « Carburants de synthèse (Cercle de l’Ayguelongue du 26 avril 2023)
    J’y évoque déjà cette critique que l’article climat et vérité reprend. Bien sûr: les carburants synthétiques seront indispensables et seront produits en grande quantité grâce à l’énergie nucléaire sans nuire à la planète surtout si on recycle le CO2 (Cette dernière remarque est pour les ignorants qui ne savent pas que le CO2 n’a aucune influence sur le climat)

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