La Commission de régulation de l’électricité (CRE) tient enfin compte des conséquences de la politique qu’elle favorise depuis des années avec la multiplication des investissements dans les renouvelables intermittents, éolien et solaire. Et la variable d’ajustement, ce sont évidemment les consommateurs. Cette politique se traduit, du fait de la priorité des équipements intermittents dans l’accès au réseau, par des périodes de plus en plus longues au milieu de la journée de surproductions difficiles à gérer. En conséquence, le système des heures pleines et des heures creuses, auquel sont habitués depuis des décennies des millions de foyers, change à partir du 1er novembre. Cela signifie que les consommateurs devront faire très attention s’ils ne veulent pas voir leurs factures d’électricité augmenter fortement. C’est notamment le cas pour les foyers dont les heures creuses se situent aujourd’hui le matin (7 h – 11 h) ou le soir (17 h – 23 h) qui verront ses créneaux reclassés en heures pleines. Et la CRE, dans la tradition de l’administration française, va également considérablement compliquer le système en instaurant des différences entre la période allant du 1er avril au 31 octobre et celle du 1er novembre au 31 mars. Selon la CRE, pour que l’option heures creuses / heures pleines reste avantageuse, il faut consommer au moins 35% de son électricité pendant les heures creuses.
Le régime des heures pleines et des heures creuses est modifié progressivement à partir du 1er novembre prochain jusqu’à fin 2027. Sur les 14,5 millions de foyers ayant souscrit à cette option dans leur contrat d’électricité, 11 millions verront une modification des horaires de leurs 8 heures creuses attribuées par jour. Il y a 3,5 millions de foyers qui échapperont à la réforme qui leur est imposée. Il s’agit pour la Commission de régulation de l’énergie (CRE) de tenter enfin d’ajuster un peu mieux la consommation à une transformation fondamentale de la production électrique liée directement aux investissements réalisés depuis des années dans les renouvelables intermittents (éoliennes, panneaux solaires) et la priorité qui leur est donnée dans l’accès au réseau.
Cela s’est traduit par des périodes de plus en plus longues au milieu de journée de surproduction et de prix de l’électricité sur le marché de gros effondrés ou même négatifs. Une évolution pour laquelle la CRE n’est pas pour rien, qui milite de fait depuis des années pour le développement des renouvelables en lieu et place du nucléaire… La surcapacité de production d’électricité du pays, décarbonée à 95%, devient un vrai problème. Il faut donc que le consommateur s’adapte.
Consommer de l’électricité quand le pays dort
La conséquence est que des heures creuses seront déplacées dans la journée. Une évolution qui nécessite, autant que faire se peut, une adaptation des foyers concernés pour en bénéficier. Le tarif heures pleines / heures creuses est une constante de la tarification électrique en France qui existe depuis des décennies. Conçu dans les années 1960 pour lisser la consommation, il repose sur une logique simple, à savoir
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