Thermostats connectés : « l’idée la plus bête de l’hiver » reportée à 2030

Marche arrière toute : les thermostats connectés obligatoires sur chaque radiateur repoussés à 2030.

En 2023, s’étant privé de gaz russe après avoir fermé Fessenheim, le gouvernement français grelottait sur sa chaise. C’était sûr, l’Apocalypse polaire due au réchauffement climatique allait nous tomber sur la tête, le système allait exploser et les coupures de courant s’enchaîner. On nous inventait alors en hâte un « plan de sobriété énergétique », enfant adultérin du village des bons réflexes né en 2020. L’objectif : réduire notre consommation d’énergie de 10 %.

De l’incitation à l’obligation

Tout comme on nous avait interdit, deux ans plus tôt, de prendre le café assis et d’acheter des chaussures, le gendarme du thermomètre menaçait d’amende quiconque chaufferait au-dessus de 19 °C ou prendrait sa douche trop fumante. Hélas, il en va des plans comme des contrats d’assurance : il faut toujours lire les petites lignes, celles qui nous font des misères à la loupe.

Bien que Mme Pannier-Runacher, alors ministre de la Transition écologique, ait assuré qu’il n’y avait « pas de mesures contraignantes pour les particuliers, mais plutôt des aides pour aller vers des dépenses énergétiques plus raisonnables », son plan de sobriété énergétique contenait une pépite et nous ne l’avions pas vue : l’installation obligatoire d’un programmateur de chaudière (effective en 2023) et celle de thermostats connectés sur tous les radiateurs des locaux privés comme publics (prévue pour 2027). Après maintes courbettes et léchage de semelles des écologistes, et faute d’avoir entretenu correctement son parc nucléaire pour faire plaisir aux mêmes, la France réduisait sa facture énergétique en augmentant d’autant sa dette. Au menu d’alors : un coup de pouce de 100 euros pour chaque personne s’inscrivant sur une plate-forme de covoiturage et 65 euros par ménage pour le programmateur de chaudière. Le tout servi par une grande campagne de communication pour la limitation du chauffage à 19 °C dans les pièces principales, 17 °C dans les chambres, l’achat de thermostats programmables et la baisse de la température de son chauffe-eau à 55 °C.

« La République des crânes d’œuf a encore frappé »

Depuis, les aides ont fondu et les incitations sont devenues des contraintes. On apprenait donc, cet automne, que nous allions devoir équiper tous nos radiateurs de thermostats programmables et connectés. Comme le disait François Lenglet, sur RTL, « la République des crânes d’œuf a encore frappé », nous imposant une mesure inepte et terriblement onéreuse pour les propriétaires. Sachant qu’un thermostat de ce type – soit un appareil électronique « permettant de faire varier la température en fonction des heures et de l’occupation des pièces dans le logement » – coûte (achat du matériel et pose) entre 250 et 300 euros, et sachant qu’une maison confortable compte généralement une bonne dizaine de radiateurs, le calcul est vite fait. À cela s’ajoute une question subsidiaire : sera-t-on obligé d’équiper ses radiateurs, même si on ne les utilise pas ?

Là encore, un « coup de pouce » financier avait été prévu pour aider les Français à s’équiper, « financé par les fournisseurs d’énergie, donc par les factures des Français », précisait François Lenglet. Encore une bonne idée, dans une France croulant sous les dettes !

Marine Le Pen et Bruno Retailleau sont montés au créneau, la première réclamant l’annulation pure et simple du décret car « les Français, déjà écrasés par les prix énergétiques et la hausse ininterrompue des taxes et impôts, ne peuvent plus faire face à ces folies normatives et idéologiques ». Le second préférait ironiser : « À ce rythme, il y aura bientôt des contrôles sur l’épaisseur des pulls, une commission chargée de vérifier l’efficacité énergétique des couettes et une obligation de cultiver une pilosité optimale pour réduire notre facture énergétique. »

Sachant que l’initiative de cette nouvelle dinguerie remonte à l’ADEME, ce machin dont le coût est proportionnel à l’inefficacité, les propos sont à peine exagérés. En 2022, l’Agence de la transition écologique avait en effet estimé que cette mesure – qui concerne « environ 27 millions de foyers » – permettrait jusqu’à 15 % d’économies de chauffage. À ajouter aux bonnes pratiques concernant la fréquence de lavage de nos culottes et de nos draps…

Une mesure trop chère pour… le public !

Tout en criant haut et fort qu’il ne cédait pas à la pression – « Le gouvernement n’a pas attendu les cris d’orfraie de Marine Le Pen pour agir », a tempêté le ministre Roland Lescure –, on passe la marche arrière. Le Premier ministre Lecornu l’avait annoncé au congrès des maires, le 4 décembre, et c’est aujourd’hui confirmé : afin de « laisser plus de souplesse aux ménages et aux professionnels », la mesure est reportée en 2030. Un demi-mensonge, car la vérité est ailleurs.

La mesure doit s’appliquer au public comme elle s’applique au privé, et là, c’est une autre chanson. L’État, les collectivités locales, les bâtiments publics, les mairies… la facture s’annonce vertigineuse. Bref, le décret 2023-295 attendra, a dit Sébastien Lecornu aux maires, cela pour permettre de « nous adapter à la réalité du mandat municipal (sic), c’est-à-dire 2026-2032 » et « ne pas contraindre des équipes municipales nouvellement élues à se pencher sur la mise en conformité des bâtiments municipaux ».

Eh oui, c’est la dure réalité : faire plaisir aux écolos est ruineux et il y a toujours un moment où il faut passer à la caisse…

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3 réponses

    1. Non.
      Il faut supprimer l’ADEME, l’OFB, le CESC, le Haut Conseil pour le climat, France Stratégie, CGEDD et aussi la CRE, l’OFATE…
      Si nombreux qu’il y en a sûrement qu’on connait pas…
      Il faut aussi fusiller les subventions aux ONG qui sont devenues O tout court et mènent des actions politiques sans avoir le statut, contraintes et obligations d’un parti ou d’une entreprise : financements tordus et opaques, objectifs peu clairs et éloignés des intérêts de la nation, communication malhonnête, manipulation, escroquerie et compèrage…

  1. Aux élections européennes de 2029, on fera le Grand Nettoyage en virant tous ceux qui nous ont conduits là où nous sommes…vivement 2029
    Et 2ans avant , y aura eu 2027
    L’espoir est là

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