Article n°2 : chapitres 1, 2, 3
Nous avons publié la semaine dernière un premier article (Introduction), sous le même titre que ci-dessus, en guise d’introduction à la publication par CLINTEL de son Rapport intitulé : « Climat – Les positions figées du GIEC », qui présente de nombreuses et importantes critiques sur le rapport d’évaluation de synthèse AR6 du GIEC, publié en 2023 :
- Lien donnant accès à l’ebook « The Frozen Climate Views of the IPCC: An Analysis of AR6 – en anglais (9,99 €) : https://amzn.eu/d/bUxXkr8
- Lien donnant accès au webshop de CLINTEL permettant de commander la version française du Rapport (25 €) en édition « brochée » : https://clintel.shop/product/climat-les-positions-figees-du-giec/
Nous avons donné, dans cet article n°1, la liste des 12 chapitres qui figurent dans ce rapport, et que nous abordons successivement dans ces articles complémentaires. Dans cet article N° 2, nous résumons les trois premiers chapitres du Rapport de CLINTEL. Tous les propos, commentaires et/ou critiques cités dans ces articles sont la reproduction des commentaires de CLINTEL.
Chapitre 1 – Une tendance à gommer l’histoire du climat : aucune certitude que le présent soit plus chaud que l‘Holocène Moyen.
Dans l’AR6, le GIEC affirme de façon étonnante
« qu’il est plus probable que non, que les températures de surface globale soient sans précédent dans les 125 000 dernières années ».
Cette affirmation gomme ce qu’on appelle le Maximum Thermique de l’Holocène, nommé aussi « Optimum Climatique de l’Holocène ». (autant d’appellations évitées par le GIEC). En nivelant ainsi notre histoire climatique, le GIEC rend le réchauffement actuel sans précédent et donc unique, mais est-ce bien correct ?
Le Maximum Thermique de l’Holocène est bien documenté dans la littérature. Il désigne une période s’étendant de 9800 à 5700 ans avant notre époque où les températures variaient considérablement dans nombre de régions du globe, avec des maximums atteints dans de nombreuses zones. Mais souvent à des moments différents,
Mais le scientifique espagnol Vinos, auteur du récent « Climate of the Past », souligne au chapitre 1 les difficultés à obtenir des mesures précises :
« Les reconstructions multi – proxy sont utiles. Mais des biais et les inévitables limites de cette technique ont pour conséquence leur incapacité à répondre à la question du GIEC : la dernière décennie était-elle la plus chaude qu’ait connue la planète durant l’holocène ? »
Tenter de mesurer la température moyenne de la planète avec comme thermomètre quelques centaines de proxy non calibrées et de faible précision ne fournissant une indication qu’une fois par décennie ou une fois par siècle dans les meilleurs cas, est une tâche saugrenue
Et comparer la moyenne globale obtenue avec nos mesures quotidiennes actuelles lesquelles incluent des satellites et des milliers de thermomètres étalonnés et de haute précision répartis dans le monde entier, y compris dans les océans, pour déclarer in fine que nous pouvons considérer qu’il est plus probable que non que la dernière décennie soit plus chaude que n’importe quel siècle des 12 000 dernières années, est indéfendable.
Chapitre 2 – La résurrection de la crosse de hockey
La grosse surprise du rapport AR6 a été la publication dans le retentissant « Résumé à l’Intention des Décideurs » d’une nouvelle courbe en crosse de hockey :

La première courbe a été publiée par M. Mann et al en 1998 et 1999. Elle a reçu une énorme publicité dans le 3ème rapport du GIEC en 2001. Les courbes en crosse de hockey ont été utilisées par le GIEC pour soutenir que le réchauffement du climat actuel est sans précédent dans les 1 000 ou 2 000 dernières années.

La dernière courbe en crosse de hockey et la première de M.Mann en 1998 visaient toutes les deux à gommer les périodes historiques bien documentées que sont l’Optimum Médiéval et le Petit Âge Glaciaire. Elles tentent d’imposer l’idée qu’il ne s’agissait que de phénomènes régionaux avec un faible impact global.
La première courbe de Mann a été décriée en raison de défauts majeurs de ses proxys paléoclimatiques et des méthodes statistiques utilisées pour sa construction.
Une fois de plus, le GIEC a eu recours pour sa nouvelle courbe, au « cherry picking » et à la manipulation de proxys pour la fabriquer.
Selon Stephen McIntyre, scientifique canadien, animateur du blog « Climate Audit », auteur de nombreuses publications scientifiques, le problème avec toutes ces reconstructions est plus ou moins toujours le même. Les auteurs sélectionnent des proxy parmi les milliers de séries disponibles dans les bases de données internationales. La plupart des proxy ne montrent guère plus qu’un bruit qui jette le doute sur leur qualité en tant que proxy de température. Les auteurs choisissent donc leur proxy, puis leur appliquent une ou plusieurs méthodes statistiques pour obtenir leur crosse de hockey, dont la pertinence est douteuse.
En résumé, nous trouvons très peu convaincantes, et c’est le moins que l’on puisse dire, les affirmations du GIEC selon lesquelles le réchauffement actuel est sans précédent dans les 2 000 dernières années ou même les 125 000 dernières années. Il y a de bons éléments de preuve dans les 2000 dernières années aussi bien que durant le Maximum Thermique de l’Holocène, montrant que la température était largement comparable, voire même supérieure à celle du réchauffement actuel.
En l’occurrence, le GIEC semble se comporter comme le ministère de la vérité de Georges Orwell en réécrivant l’histoire du climat. En outre, le GIEC n’a pas abordé ces questions de manière exhaustive et transparente. Ce biais est trahi par le choix des études prises en compte dans leur rapport et de celles qu’ils ignorent.
La résurrection de la crosse de hockey dans l’AR6 montre combien le fonctionnement du GIEC est vulnérable aux biais scientifiques. Le « Cherry Picking », l’utilisation dévoyée du processus de « Peer Review », le manque de transparence et une probable interférence politique ont abouti à une grossière déformation de l’évolution des températures préindustrielles.
Chapitre 3 – La mesure de la température globale de surface.
La température moyenne globale de surface (GMST) est devenue le paramètre iconique du débat sur le changement climatique. Quelle est la fiabilité de ces mesures de température ? Et y a-t-il des meilleures alternatives ?
C’est le paramètre de prédilection pour décider de la politique climatique internationale, par exemple pour savoir si nous allons dépasser l’objectif de +1,5°C ou +2°C. Même si ces objectifs sont plus politiques que scientifiques. Cela est-il justifié ? Quelle est la fiabilité de ces mesures de température et y a-t-il des meilleures alternatives ?
Chaque année, la planète connaît des fluctuations de température bien supérieures à l’augmentation d’un degré de la température moyenne annuelle observée depuis 170 ans.
La température moyenne de la terre varie de plus de 3°C chaque année. Elle est juste supérieure à 12°C en janvier et juste inférieur à 16°C en juillet.
La température moyenne de l’hémisphère Nord connaît une fluctuation plus importante. Elle passe de 8° C en janvier à 21° C en juillet. Un changement considérable de 13° en 6 mois.
Le GIEC semble admettre que cette température moyenne est un indicateur médiocre du changement climatique. Et il présente comme mesure alternative un graphique de l’évolution du contenu thermique de l’océan à la page 350 de l’AR 6. On y voit une variation qui représente une augmentation de + 0,03% du contenant global énergétique de l’océan.. Dans un autre graphique fourni par le GIEC, nous voyons un taux d’accroissement d’environ + 0 ,4 ° C par siècle de l’océan. Pas vraiment un changement alarmant. Pourtant, le GIEC évite de communiquer cette donnée fondamentale.
Le changement de température des océans est un moyen plus significatif et compréhensible pour illustrer les changements récents du système climatique.
Quand on est intéressé par le réchauffement ou le refroidissement climatique, on devrait considérer le contenu thermique des océans. Les estimations des variations de température du globe depuis 1850 sont-elles suffisamment précises et exhaustives pour indiquer la vitesse de réchauffement de la surface du globe. Y compris les océans ? Non .
La température moyenne globale de surface est-elle un indicateur clé du changement climatique ? Non
Conclusion
La neutralité, la rigueur scientifique et la fiabilité du GIEC, ainsi que tous les processus d’assurance qualité de l’organisme doivent être remis en question.
Le prochain article (N°3) abordera le sujet des tendances controversées de l’enneigement (Chapitre 4), la mise en question du rythme de l’augmentation du niveau des mers (Chapitre 5 ) et la question de savoir pourquoi le GIEC minimise le rôle du soleil (chapitre 6)
(A suivre …)
Une réponse
Oui le GIEC est une clique qui fait du cherry picking. Il y a plein d’articles laissés de côté comme par exemple :
Brovkin, V., Brook, E., Williams, J.W. et al. Past abrupt changes, tipping points and cascading impacts in the Earth system. Nat. Geosci. 14, 550–558 (2021). https://doi.org/10.1038/s41561-021-00790-5
-il y a 14 000 ans, sur une période de 1 à 3 ans, l’Hémisphère Nord se réchauffe de 4 à 5 °C. (localement cela pouvait représenter bien plus : le Groenland voit un réchauffement de 14 °C sur la même période !)
-il y a 11 000 ans, au tout début du réchauffement qui marque le début de l’Holocène (la période chaude actuelle dans laquelle nous vivons) , l’Hémisphère Nord se réchauffe de 4 à 6 °C en 60 ans.