Vous vous souvenez peut-être des ZFE, une loi proposée par la Macronie qui vise, au prétexte de l’écologie, à interdire des centres-villes des principales métropoles françaises les véhicules mal classés par la vignette Crit’Air (en clair, à introduire officiellement une ségrégation sociale).
Ce mécanisme, que les députés avaient retoqué via une loi arrachée par la pression populaire, le Conseil constitutionnel vient de le réactiver par une simple décision aux relents de passage en force juridico-institutionnel. Et il n’est pas seulement question d’un viol démocratique : trois membres du Conseil constitutionnel – Jacqueline Gourault, Philippe Bas et Laurence Vichnievsky – ont participé à l’élaboration et au vote de la loi Climat qui a institué les ZFE, avant de juger la loi qui visait à les annuler.
« Ça veut dire que sur neuf “Sages” du Conseil constitutionnel, il y en a trois qui depuis le début rêvaient de mettre en place les ZFE », assène Ghislain Benhessa.
Le juriste va plus loin : le Conseil constitutionnel fonctionnerait « hors de tout contrôle », dans un système de conflits d’intérêts massifs, où un président comme Jean Louis Debré pouvait dîner avec des dirigeants d’assurances qui allaient déposer des recours devant lui, ce qui rend l’organe illégitime et presque illégal. Il évoque un gouvernement des juges que De Gaulle redoutait, et affirme :
« En 2026, les craintes de De Gaulle se révèlent fondées. Nous vivons sous l’égide d’un gouvernement des juges. Le peuple n’a qu’à bien se tenir dans ses pénates, loin des villes, loin des ZFE, et peut-être un jour sans même le droit de vote. »
À ce système consanguin s’ajoute la pression mafieuse de Bruxelles. Clémence et ses invités rappellent un reportage de France 2 montrant que Bruxelles menaçait l’année dernière de bloquer 4,3 milliards d’euros si les ZFE n’étaient pas mises en place. Alexandre Jardin souligne :
« La France s’est engagée pour obtenir des financements européens… dont les ZFE… il y a 3 milliards et demi, il y a 1 milliard qui serait éventuellement remboursé… Ça veut dire que notre État est capable de vendre les libertés publiques pour de l’argent. »
Ghislain Benhessa rattache ce mode opératoire à la mécanique juridique européenne : les directives bénéficient de l’effet direct, ce qui les rend d’application immédiate en France, via une jurisprudence portée par Matthias Guyomar, aujourd’hui à la CEDH, et Marc Guillaume, proche de Macron et désormais à la tête du Conseil d’État.
Toute une caste a méthodiquement mis en place un servage qui nous oblige à payer ces milliards, pendant que l’exécutif peut se retrancher derrière l’Europe et le Conseil pour imposer les ZFE malgré une opinion massivement hostile.
C’est ce qui conduit notre spécialiste en droit constitutionnel à refuser l’idée d’élites déconnectées :
selon lui, la ségrégation dénoncée par Alexandre Jardin n’est « pas un accident industriel mais une volonté claire » qu’elles n’osent pas assumer publiquement.
Il reprend l’analyse de Christophe Guilluy :
« La ZFE, c’est le retour de l’octroi à l’entrée des villes. C’est le fait de payer une taxe pour le droit de vivre avec les autres gens », avec un centre protégé et une périphérie condamnée à rester chez soi, ce qu’il décrit comme « l’organisation d’un monde, d’une ségrégation spatiale, géographique et territoriale » entre métropoles et France périphérique.
Jardin, lui, donne la texture concrète de cette fracture :
« Cette bande d’illuminés met en insécurité à peu près 15 millions de gens… à un moment où les gens n’ont pas les derniers centimes pour payer leur plein d’essence et là tout à coup on leur dit “détendez-vous, faut juste acheter une bagnole à 30 000 balles”, on est vraiment chez les fous. »
Il rappelle le quotidien : la difficulté à obtenir un crédit auto en vieillissant, les personnes âgées virées des villes, les familles qui ne savent plus si leur fille pourra aller étudier à Toulouse, les proches qu’on ne peut plus emmener à l’hôpital
« tout simplement parce qu’ils n’ont pas la bonne voiture. »
Nos deux invités convergent vers une issue : reprendre la main par des référendums populaires, en dehors des procédures verrouillées par le pouvoir. Et à ce propos, Alexandre Jardin pourrait bien revenir sur nos ondes prochainement pour annoncer un projet intéressant …
2 réponses
Le système marche aussi dans l’autre sens… On attends avec gourmandise le moment où les habitants des zfe chercheront désespérément un artisan pour débloquer leur serrure, repeindre leur salon, isoler leurs combles et… Deboucher leurs toilettes….
Et aucun candidat ne pourra se déplacer dans la zone sans une camionnette électrique.
Je précise que dans la plus grosse ZFE de France où j’habite (agglomération parisienne), les niveaux de pollution annuels maximum réglementaires sont respectés pour les 4 polluants suivis de près : NO2, PM2.5, PM10 et O3 (à quelques pouyèmes près pour le NO2).
De quel droit voudrait on donc y interdire l’accès aux gueux ?
En 2030, ces niveaux de pollution maximum réglementaires vont être fortement abaissés (de 40 à 20 µg/m3 pour le NO2, de 25 à 10 µg/m3 pour les PM2.5, de 40 à 20 µg/m3 pour les PM10) avec ajout de niveaux journaliers potentiellement assez contraignants lors des situations météo favorables à la pollution.
Mais vu que sur les dernières décennies, les niveaux de pollution sont en baisse sensible (sauf O3 qui se forme lors des vagues de chaleur, lesquelles sont plus fréquentes depuis une dizaine d’année), il est probable que les niveaux règlementaires de 2030 seront respectés ou presque (seuls les zones bordant les axes de circulation principaux présentent des niveaux de pollution encore un peu élevés). Il suffit de laisser le renouvellement progressif du parc auto faire son oeuvre.
Et garder à l’esprit, que sur les quais du métro, les niveaux de pollution aux PM sont plus élevés qu’en surface ! La faut à l’usure des pneus, roues et freins dans un espace confiné.