(Par Tom Harris
La Kobeissi Letter, un bulletin d’analyse de référence dans le secteur des marchés mondiaux de capitaux, rapporte que le monde brûle plus de charbon aujourd’hui que jamais auparavant, atteignant un record de 8,85 milliards de tonnes métriques en consommation annuelle à la fin de l’année 2025. Depuis 2020, la consommation annuelle de charbon a augmenté de 1,40 milliard de tonnes.
La majeure partie de cette hausse provient de la Chine, bien sûr, qui représente environ 55 % de la consommation mondiale de charbon. Bien que l’Agence internationale de l’énergie (AIE) prévoie une baisse de la demande au cours des cinq prochaines années, la Kobeissi Letter anticipe de manière plus réaliste que la demande continuera au contraire à augmenter, et souligne que « les prévisions passées d’un pic de la demande de charbon se sont répétées s’avérer fausses ».
Un graphique disponible sur le site web de l’AIE, qui illustre la consommation de charbon (en tonnes métriques, Mt) de 2000 à 2022, montre des estimations pour la période 2024-2026 qui semblent improbables.
Quoi qu’il en soit, l’AIE écrit que la demande accrue pour les énergies renouvelables est la cause principale du déclin estimé de la consommation de charbon, et que « la demande mondiale de charbon devrait effectivement stagner au cours des prochaines années, affichant une baisse très progressive jusqu’en 2030 ». Cependant, elle écrit également que l’utilisation du charbon devrait augmenter en Inde d’environ 3 % par an et en Asie du Sud-Est d’environ 4 % par an d’ici à 2030.
En réalité, on ne peut pas s’attendre à ce que la Chine ralentisse sa production de charbon de sitôt. Avec une consommation actuelle d’environ 3 milliards de tonnes par an, elle va de toute évidence dominer les tendances mondiales de consommation de charbon dans les années à venir. Bien que l’AIE s’attende également à un lent déclin de la consommation de charbon en Chine au cours des cinq prochaines années, face au recul progressif mais marqué de l’alarmisme climatique à travers le monde et à l’ambition de la Chine de développer son économie, cette prédiction ne semble pas non plus très crédible.
Comme le souligne la Kobeissi Letter, le charbon reste très demandé, et la chimère des militants climatiques visant à éradiquer le charbon ne tient pas compte de la sécurité et du confort que cet approvisionnement énergétique nous procure. Tout comme l’électricité nucléaire — une autre source d’énergie vitale pour alimenter de vastes régions du monde —, le combustible destiné à la production d’électricité à partir de charbon peut être stocké directement sur le site d’une centrale pendant de longues périodes, garantissant ainsi une énergie stable pour la société.
Le charbon n’est pas une technologie. C’est une ressource, et le degré de pollution qu’il génère lorsqu’il est brûlé dépend de la technologie utilisée pour le consommer. Réduire les émissions de dioxyde de carbone d’une centrale à charbon est incontestablement coûteux, difficile et, bien sûr, inutile. Mais réduire la pollution réelle en vaut souvent largement la peine grâce aux dernières technologies de contrôle de la pollution.
Tom Harris est directeur exécutif de l’International Climate Science Coalition – Canada. Mary-Jean Harris, titulaire d’une licence et d’un master en physique, a contribué à cet article.