« On manque d’eau, on sèche, on crame » : les appels à stopper le projet des JO des Alpes 2030 se multiplient

Jeux olympiques d’hiver de 2030 – À l’occasion de la visite du Comité international olympique à Lyon, des associations environnementales et plusieurs élus réclament l’abandon des JO d’hiver 2030 dans les Alpes. Ils estiment que le projet n’est plus adapté aux réalités climatiques et environnementales actuelles.

Leurs critiques visent notamment la consommation d’eau liée à la production de neige artificielle, l’artificialisation des sols et la crise de gouvernance qui secoue l’organisation des Jeux. Ils dénoncent également la poursuite d’un projet qu’ils jugent déconnecté des transformations observées en montagne.

L’eau et la neige artificielle au cœur des critiques

Les opposants aux JO des Alpes 2030 ont choisi de concentrer leurs attaques sur les conséquences environnementales du projet. Selon eux, l’organisation des Jeux d’hiver apparaît de plus en plus difficile à concilier avec les effets du changement climatique.

« On manque d’eau, on sèche, on crame et on va aller organiser ces JO en allant pomper dans les nappes phréatiques pour créer de la neige artificielle », affirme ainsi le député LFI de Savoie Jean-François Coulomme.

Pour plusieurs associations, les épisodes de sécheresse de plus en plus fréquents remettent directement en question l’organisation d’un événement dépendant en partie de la neige de culture. Elles estiment que les ressources naturelles des massifs alpins sont déjà fortement sollicitées.

Associations et élus demandent l’abandon du projet

Profitant de la visite du CIO à Lyon, plusieurs organisations environnementales et élus ont lancé un appel commun à l’arrêt des Jeux de 2030.

« On lance un appel à stopper le projet, ce n’est pas une honte de le faire. L’été au niveau climatique a été très impactant », explique à l’AFP Delphine Larat, du Collectif citoyen J.O.P 2030.

Les opposants considèrent qu’un abandon du projet serait aujourd’hui plus cohérent avec les enjeux climatiques. Ils jugent que les pouvoirs publics doivent tenir compte de l’évolution rapide des conditions environnementales dans les Alpes.

Un projet jugé incompatible avec l’évolution de la montagne

Les critiques ne se limitent pas à la question de l’eau. Plusieurs élus écologistes estiment que les transformations observées dans les massifs alpins devraient conduire à réexaminer profondément le projet olympique.

« Ce projet est en totale décorrélation avec ce que nous vivons aujourd’hui de voir les montagnes s’effondrer, les glaciers fondent. Pourquoi on s’arc-boute ? », s’interroge Pierre Janot, au nom du groupe écologiste d’opposition à la région Auvergne-Rhône-Alpes.

Jean-François Coulomme prévient également qu’une éventuelle victoire présidentielle de Jean-Luc Mélenchon pourrait entraîner une réévaluation du dossier. Selon lui, les aspects écologiques et financiers du projet devraient alors faire l’objet d’un nouvel examen.

Lyon au centre des débats

Les opposants ciblent également certaines décisions prises ces derniers mois pour maintenir l’organisation des Jeux.

Pierre Janot regrette notamment « le manque de lisibilité de ce que fait Grégory Doucet », estimant que le maire écologiste de Lyon « a viabilisé un projet qui ne l’était pas » en acceptant d’accueillir les épreuves de glace.

Ces compétitions doivent désormais se tenir à Lyon après le refus du maire de Nice, Éric Ciotti, d’installer une patinoire provisoire dans le stade de football de la Baie des Anges. Le Comité international olympique inspecte d’ailleurs jusqu’à mercredi plusieurs sites susceptibles d’accueillir ces épreuves.

Une crise de gouvernance persistante

La contestation intervient également dans un contexte délicat pour l’organisation des Jeux. Le récent départ d’Edgar Grospiron a ravivé les interrogations autour de la gouvernance du projet.

L’ancien champion olympique de ski de bosses a quitté la présidence du Comité d’organisation des Jeux olympiques et paralympiques après plusieurs mois de tensions. Dans l’attente de la désignation d’un successeur, son directeur général Vincent Roberti assure l’intérim.

Pour les opposants, ces difficultés confirment les fragilités du projet. Ils dénoncent une organisation qui peine à stabiliser sa direction alors que plusieurs décisions importantes restent à prendre.

Une longue liste de griefs environnementaux

Dans un communiqué signé notamment par France Nature Environnement Auvergne-Rhône-Alpes et Mountain Wilderness, les opposants accusent les promoteurs des Jeux de poursuivre le projet sans répondre aux principales inquiétudes exprimées.

« Les porteurs des JOP 2030 continuent d’avancer à marche forcée », dénoncent-ils.

Les associations citent notamment la « destruction de la nature et artificialisation des sols, coupes d’arbres en augmentation, pression démesurée sur les ressources en eau, absence totale d’évaluation des impacts et incidences sur les milieux naturels, manquements aux obligations d’information et de participation du public sur l’ensemble du projet ».

Même si la contestation reste pour l’instant limitée dans l’opinion publique, ses promoteurs espèrent profiter de la visite du CIO et de la crise de gouvernance actuelle pour relancer le débat sur l’opportunité d’organiser les JO d’hiver 2030 dans les Alpes françaises.

Tous les articles que nous publions ne sont pas libres de droits ; merci de nous contacter avant éventuellement de les republier.

Laisser un commentaire

Les commentaires sont modérés ; restez courtois.

(Possibilité de combiner plusieurs termes)

Derniers commentaires :

Recevoir la Newsletter hebdomadaire