La filière éolienne et la mafia, un tabou français

Le billet d’humeur de Fabien Bouglé. Article publié dans le N°27 du magazine Transitions & Energies.

Le 16 octobre dernier, le célèbre journaliste d’investigation de la RAI (Radiotélévision italienne), Sigfrido Ranucci, a été la cible d’un attentat à la voiture piégée près de son domicile. La bombe, destinée à l’éliminer, a violemment détruit son véhicule. Par miracle, le journaliste et sa fille s’en sont sortis indemnes, retranchés dans leur maison qui a subi d’importants dommages.

Toute la presse française – Libération, L’Humanité, Marianne… – s’en est fait l’écho, soulignant à juste titre la gravité extrême d’une telle intimidation contre un journaliste exerçant son métier d’enquêteur, notamment sur la criminalité organisée. Dès juillet, deux obus non explosés avaient déjà été découverts près de son domicile.

Pourtant, cette même presse française occultait l’information essentielle : pourquoi et par qui cet enquêteur était-il visé au point de frôler l’homicide ? Si les médias hexagonaux restaient singulièrement muets sur le sujet, se contentant d’évoquer vaguement la criminalité organisée ou des motifs mafieux sans plus de précisions, leurs homologues italiens se montraient bien plus explicites quant aux commanditaires potentiels de l’attentat. Parmi les pistes sérieuses explorées, figurait l’enquête que menait le journaliste sur la filière éolienne et ses liens avec la mafia.

Blanchir des fonds illicites et profiter des subventions

Quelques jours avant l’explosion, il avait annoncé la diffusion prochaine, dans ses émissions, des fruits de ses investigations sur ce secteur. La presse italienne ne s’y trompait pas : dès le 18 octobre, le quotidien Il Giornale titrait :

« L’enquête pour trouver un mobile commence. La piste mafieuse derrière le parc éolien ».

Le lendemain, le Corriere della Calabria était encore plus direct :

« Ranucci, l’industrie éolienne (et la ’Ndrangheta) à l’origine des attentats ».

Manifestement, les médias italiens ont moins de pudeur que leurs confrères français lorsqu’il s’agit d’associer ouvertement mafia et filière éolienne. Cette connexion n’est pas anodine : des rapports récents d’Europol soulignent comment les groupes mafieux italiens …

 

 

Article réservé aux abonnés
Pour poursuivre la lecture
Abonnez-vous dès maintenant à Transitions Énergies et soutenez un journalisme indépendant.
Abonnement à 35€ / an
Déjà abonné ? Se connecter

Tous les articles que nous publions ne sont pas libres de droits ; merci de nous contacter avant éventuellement de les republier.

2 réponses

  1. Je ne sais pas si on a des mafieux infiltrés dans les investissements des renouvelables mais on a bien des gourous et des sectes :
    Extrait d’une question posée par un parlementaire en novembre 2024.
    « il semblerait que leurs interventions sur les chantiers éoliens se multiplient. Selon l’AFP, la chambre d’agriculture du Pays de la Loire mentionne sur son site l’existence en Loire-Atlantique d’« un protocole (…) », « en accord avec le préfet », indiquant que « toute entreprise d’éolienne est tenue avant toute implantation de prendre en charge à ses frais », un peu plus d’un millier d’euros en général, « un diagnostic géobiologique »
    La réponse donnée est que « aucune aide à la géobiologie n’est mise en œuvre par l’État. »
    Circulez !!!

Laisser un commentaire

Les commentaires sont modérés ; restez courtois.

(Possibilité de combiner plusieurs termes)

Derniers commentaires :

Recevoir la Newsletter hebdomadaire