Les plans de défense de l’OTAN reposent notamment sur la capacité de l’Allemagne à déployer rapidement via son territoire des centaines de milliers de soldats et de véhicules. Ils utiliseront les ports, les voies ferrées, les aéroports et les réseaux autoroutiers allemands qui dépendent tous du réseau électrique civil.
Un système électrique particulièrement vulnérable et émietté qui est réparti entre quatre gestionnaires de réseau de transport à haute tension et 851 gestionnaires de réseau de distribution…
Les convois de l’OTAN traversant l’Allemagne dépendraient de réseaux électriques exploités par des centaines d’entreprises, aux moyens humains et financiers très disparates. La protection des postes électriques incombe aux opérateurs…
Le système électrique allemand pose un sérieux problème à l’OTAN. Les plans de défense de l’Alliance militaire reposent notamment sur la capacité de déployer jusqu’à 800.000 soldats alliés et 200.000 véhicules vers l’est à travers l’Allemagne. Cela explique pourquoi les menaces de sabotage se multiplient en Allemagne et les infrastructures électriques sont particulièrement vulnérables.
L’un des dommages collatéraux de l’expansion rapide des renouvelables intermittents (éolien et solaire) est la fragilisation des réseaux électriques. Quand les productions renouvelables intermittentes atteignent une certaine proportion du total, au-delà de 40%, la stabilité des réseaux devient plus problématique. Ils ont été conçus pour gérer des productions centralisées à partir d’équipements – centrales hydrauliques, nucléaires, thermiques – qui apportent une sécurité aux réseaux pour contrôler les variations de tensions et de fréquences. Leurs gigantesques turbines ont par construction une grande inertie électro mécanique. Ce n’est évidemment pas le cas des éoliennes et des panneaux photovoltaïques.
Et l’Allemagne fait partie, avec l’Espagne par exemple qui a connu un black-out retentissant et meurtrier en avril 2025, des pays qui ont fait le choix des renouvelables intermittents. Cela contribue à fragiliser un peu plus un réseau électrique qui par ailleurs n’a pas eu depuis de nombreuses années les investissements qu’il nécessitait.
Retard considérable de développement et de modernisation des réseaux
L’Allemagne a notamment comme problème d’avoir une grande partie de sa production éolienne au nord et de la consommation au sud. Sa seule façade maritime, où peut s’implanter de l’éolien marin, se trouve au nord. Et c’est toujours au nord que les régimes de vent sont les plus soutenus. Mais le pays n’a pas les lignes à haute tension pour amener cette électricité des lieux de production vers les lieux de consommation. Et les centrales nucléaires qui ont été fermées étaient au sud et à l’ouest, proches des lieux de consommation.
La Cour des Comptes allemande dénonçait il y a déjà plus de deux ans un retard considérable dans le développement du réseau haute tension qu’elle chiffrait à 6.000 kilomètres. Elle estimait que des investissements d’au moins 460 milliards d’euros étaient indispensables d’ici 2045 pour régénérer les lignes vieillissantes et en construire de nouvelles.
Faut-il encore convaincre les populations. Les projets visant à augmenter massivement les capacités de transport d’électricité entre les régions allemandes se heurtent à des oppositions locales farouches. Difficile …