Voiture électrique : éloge de la lenteur

Sommes-nous prêts à revoir notre manière de voyager ? Le véhicule électrique impose effectivement de changer de logiciel. Cela va en faire sourire plus d’un.

Lors de notre périple Oslo – Madrid, nous avons dû nous arrêter à trente-huit reprises pour recharger la batterie en comptabilisant les dix arrêts où il a été impossible d’effectuer l’opération. En cumulé, la voiture est restée 24 heures reliée à une borne pour récupérer 925,65 kWh. Sans compter les nuits où la batterie a été chargée la plupart du temps à 100 %. Durant la journée, il fallait compter entre 25 et 40 minutes pour récupérer 80 % de la batterie, en fonction de la capacité résiduelle et de la puissance délivrée par la borne. Celle-ci varie d’un réseau à l’autre.

D’où l’impression de passer une grande partie de sa journée à une station. Sans compter que l’esprit est vraiment accaparé par ce sujet. Dans une logique d’améliorer l’expérience, Renault a développé la plateforme communautaire Plug Inn qui permet de charger chez des particuliers qui possèdent une installation. Depuis son lancement en mars, Arnaud Belloni, directeur marketing, confirme que plus de 5000 conducteurs de modèles à batterie rechargeable se sont déjà inscrits. Ce service doit être envisagé comme un complément pour éviter la panne, ne serait-ce parce que le prix conseillé est de 4,50 €/kWh.

https://www.lefigaro.fr/automobile/le-figaro-a-parcouru-4300-kilometres-entre-oslo-et-madrid-en-voiture-electrique-le-recit-de-notre-odyssee-20230417

On se moque vraiment du monde en cherchant à imposer le passage à la voiture électrique à marche forcée. La voiture électrique ne dispose pas d’une autonomie suffisante pour faire de longs trajets, la fabrication de ses batteries et leur recyclage pèsent gravement sur l’environnement, et rendent dépendants des fabricants de batterie chinois, l’électricité consommée est produite majoritairement, en Europe, en brûlant du gaz et du charbon, donc autant brûler directement du pétrole dans le moteur de la voiture, cela évite les pertes énergétiques intermédiaires.

Et last but not least, l’avantage apparent de prix en faveur de l’électricité ne tient qu’au fait que les véhicules électriques ne supportent pas la taxe (Ex TIPP) sur les produits énergétiques. Cette taxe, devenue taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques (TICPE) rapporte environ 18 milliards d’euros par an au budget de l’État. Elle représente plus d’un euro par litre de carburant pétrolier, soit une charge de l’ordre de 6 à 7 centimes par kilomètre parcouru en véhicule thermique.

Si une bonne part du parc auto passe à l’électrique, l’État ne pourra accepter un tel manque à gagner et taxera forcément l’usage des véhicules électriques d’une façon ou d’une autre.

Pour le moment, la sagesse consiste à garder le plus longtemps possible sa voiture thermique, et si elle est fatiguée, la remplacer par une autre voiture 100% thermique tant qu’il y en a. 

 


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Une réponse

  1. En plus de toutes ces vérités de bases, n’oublions pas deux autres sujets connexes extrêmement problématiques :
    1- l’explosion de la demande en énergie électrique induite par ce passage au forceps ne pourra en aucun cas être satisfaite par l’évolution des moyens de production, certainement pas les ENR, mais non plus le nucléaire,
    2- le raccordement accéléré des très nombreuses nouvelles bornes ou stations de recharge prévues (et nécessaires, mais certainement encore en nombre insuffisant) va totalement déséquilibrer le réseau électrique et le rendre de plus en plus instable et non pilotable).
    Bonjour les dégâts, on court à la catastrophe, programmée !

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