Élections européennes : l’écologisme n’a rien de populaire

L’UE serait-elle entrée dans une nouvelle ère ? Depuis les dernières élections au Parlement européen, les partis classés à droite ou à l’extrême droite de l’échiquier politique l’emportent dans la majorité des pays européens.

  • En Allemagne, l’AfD, un parti opposé à l’UE, devient le deuxième parti le plus important derrière le CDU, l’Union chrétienne-démocrate.
  • En Belgique, le Premier ministre a démissionné après sa cuisante défaite devant la Nouvelle alliance flamande (N-VA), un parti nationaliste de droite.
  • En Italie, le parti Frères d’Italie, classé à l’extrême droite, remporte une victoire historique.
  • Même chose en Autriche avec la victoire du FPÖ qui double ses sièges et devient le plus grand parti du pays,
  • En Espagne avec la droite qui bat la gauche de 10 %,
  • et au Luxembourg où l’ADR, classé national-conservateur, gagne son premier siège.
  • En France, l’écart s’est creusé entre le Rassemblement national (31,4 %), un parti ouvertement eurosceptique, et Renaissance, le parti de la majorité présidentielle (14,5 %).

 

On notera le score anecdotique des partis écologistes : les Verts et l’Alliance libre européenne (Verts/ALE), principal groupe politique écologiste au sein du Parlement européen, ont perdu 19 sièges dans l’hémicycle de Strasbourg. C’était, pour le moins, prévisible : conscients de l’impopularité croissante des politiques écologistes, les bureaucrates européens avaient décidé de réviser la politique agricole commune (PAC) et d’abandonner progressivement les projets de réforme de l’agriculture quelques mois avant les élections.

En France, les écologistes peinent toujours à dépasser leur socle habituel d’électeurs, à savoir la bourgeoisie des grandes métropoles, déconnectée de la réalité du monde agricole et caractérisée par une forte présence de CSP+. La perte d’intérêt est notable, y compris chez les jeunes : le parti EELV est passé de 16 % en 2019 à 10 % en 2024 chez les 18-25 ans. Ce n’est pas mieux en Allemagne, où l’on observe une baisse de 24 points chez les moins de 25 ans.

Les citoyens européens ont compris que les politiques écologistes n’étaient ni du côté de la planète ni du côté de leur pouvoir d’achat, mais plutôt de la réduction de l’offre de logements disponibles grâce aux normes de performances énergétiques, de la hausse des taxes et des réglementations pour les entrepreneurs du fait, notamment, de la taxe carbone aux frontières et des normes ESRS (European Sustainability Reporting Standards), des pénuries et de l’augmentation durable des prix des biens alimentaires à cause de la loi européenne sur le climat.

Récemment, ce sont les objectifs drastiques imposés aux agriculteurs dans le cadre de la stratégie Farm to Fork qui ont provoqué la colère de ces derniers à travers l’Europe, et à raison : selon le centre de recherche Joint Research Centre (JRC), qui dépend de la Commission européenne, cette stratégie risque d’engendrer des baisses drastiques de la production, une plus grande dépendance aux importations, une hausse des prix alimentaires, mais aussi une exportation des émissions de gaz à effet de serre agricoles.

L’arrogance technocratique sur les questions écologiques a largement contribué à l’impopularité de l’UE :

« Ils n’ont jamais rien semé, rien récolté, mais ils savent tout mieux que les autres »

assène un agriculteur allemand.

Les écologistes en paient aujourd’hui les conséquences, même si les militants les plus farouches persistent à croire qu’il faudrait accélérer sur le Green Deal, à en croire Bas Eickhout, politicien néerlandais membre du Parlement européen ; que cette élection n’est pas de nature à « rendre la crise climatique et écologique moins existentielle », comme l’affirme Ariadna Rodrigo, militante chez GreenPeace ; ou encore qu’il faudrait « plus d’Europe » selon Marie Toussaint, candidate malheureuse à EELV.

Cette arrogance est indissociable des planificateurs qui prétendent transformer les systèmes alimentaires et réguler l’ensemble de la vie économique et de la vie sociale.

Les écologistes se méprennent : l’UE n’est pas le terrain de la planification écologique et n’a jamais eu vocation à l’être. L’urgence est de réduire sa sphère d’intervention afin de renouer avec l’idée d’une Europe libérale, espace de libre-échange, de libre circulation des biens et des personnes, et d’abandonner celle d’un supra-État centralisé à Bruxelles qui alimente le vote nationaliste et eurosceptique.

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