Alors que le moratoire sur les énergies renouvelables inscrit dans la loi Gremillet et largement remaniée par le RN et LR, vient d’être retoqué à l’Assemblée nationale, Bernard Accoyer, ancien président de l’Assemblée nationale et Xavier Moreno tête pensante du Cérémé, un think tank sur les questions énergétiques viennent de publier une tribune qui remet en cause les poncifs entourant les énergies renouvelables.
Cette tribune enchaîne une série de révélations destinées à « éclairer le débat » :
« Combien de Français savent que l’éolien et le solaire ont fait doubler leur facture d’électricité depuis dix ans ? », lancent-ils en ouverture.
Ils révèlent que « le parc déjà installé atteint 50 GW, et frôlera 95 GW d’ici deux à trois ans », dépassant ainsi la puissance du parc nucléaire (63 GW).
Cette situation, peut-on lire dans Le Figaro, conduit à des « absurdités techniques ».
« Aux heures où il y a du vent et du soleil, on devra mettre à l’arrêt […] la quasi-totalité des centrales nucléaires, tout en continuant à payer pour ces dernières 90 % de leur coût », puisque la réglementation donne la priorité au renouvelable.
Les auteurs fustigent une politique énergétique « calquée sur celle de l’Allemagne » qui fait payer le coût de deux systèmes électriques sans bénéfice climatique, puisqu’on « remplace en France une électricité nucléaire déjà décarbonée par une autre ».
Les deux auteurs pointent du doigt un système de rémunération déséquilibré :
« les producteurs éoliens ou solaires sont payés à un prix garanti par le contribuable, même quand on n’a pas besoin de leur électricité […] tandis qu’EDF n’a pas d’autre choix que de répercuter ses pertes sur les consommateurs », poursuivent-ils dans les colonnes du Figaro.
Cette critique vise aussi l’opacité des décisions : « L’administration de l’énergie […] se garde bien de donner des études comparatives d’impact social, environnemental et économique », déplorent-ils. Et d’ajouter :
« Beaucoup ont compris que derrière les slogans écologiques se cachent de puissants intérêts industriels et financiers, et qu’à la fin ce sont les Français qui paient ».
Cette « fuite en avant aveugle » encouragée par l’exécutif, légitime une pause de 12 à 24 mois, le laps de temps nécessaire pour obtenir une étude sérieuse avant de poursuivre « cette course irresponsable ».
Cette suspension constituerait un « prérequis essentiel pour tout débat démocratique », permettant une étude indépendante comparant « plusieurs scénarios incluant les énergies décarbonées, non intermittentes et pilotables ».
Leur conclusion :
« Loin d’être un scandale, cette suspension temporaire est une nécessité démocratique » au moment où le gouvernement s’apprête à débloquer « des dizaines de milliards d’euros de chèques tirés sur l’argent des Français ».