Nationalisation d’EDF, le réquisitoire de la Cour des comptes

Une fois de plus la Cour des comptes dénonce dans un énième apport les errements de la politique énergétique du pays. Cette fois, elle s’interroge sur la nationalisation à 100% en 2022 d’EDF qui était auparavant déjà contrôlé à 83,7% par l’Etat.
Les 9,7 milliards d’euros engloutis dans l’opération par le gouvernement d’Elisabeth Borne n’ont apporté aucun moyen supplémentaire à l’entreprise publique et aucun levier supplémentaire à l’Etat sur la politique énergétique du pays. Il s’agit pourtant de la plus importante opération menée par l’Agence des participations de l’Etat (APE), depuis sa création en 2004.
La nationalisation devait permettre, soi-disant, d’accélérer la relance du nucléaire. Quatre ans après, la construction de six nouveaux réacteurs nucléaires EPR2 n’a toujours pas commencé…

A quoi a servi en 2022 la nationalisation à 100% d’EDF par l’Etat près de 18 ans après l’ouverture de son capital ? Les 9,7 milliards d’euros dépensés n’auraient-ils pas été mieux utilisés pour permettre à l’entreprise publique d’investir et de se renforcer ? Telles sont en substance les questions que se pose la Cour des comptes dans un rapport publié le 28 mai qui pointe, une énième fois, les errements de la politique énergétique du pays. Elle avait ainsi déjà alerté en septembre 2025 sur le modèle économique d’EDF considéré comme intenable. Notamment, face à un mur d’investissements évalué à 460 milliards d’euros d’ici 2040 par la Cour des comptes.

Pour en revenir à la prise de contrôle de la totalité du capital de l’entreprise publique, détenu déjà auparavant à 83,7% par l’Etat, l’opération menée par le gouvernement d’Elisabeth Borne a apporté des avantages « difficilement identifiables ». La Cour précise que la « nécessité » de l’opération « n’est pas démontrée à ce stade ». Il s’agit pourtant de la plus importante opération menée par l’Agence des participations de l’Etat (APE), depuis sa création en 2004…

Le gouvernement avait contraint EDF à financer le bouclier tarifaire

Cette nationalisation totale s’est faite « dans un contexte particulièrement tendu » pour le groupe EDF, confronté à de grandes difficultés financières et opérationnelles, créées notamment… par le gouvernement qui l’avait contraint à financer une bonne partie du bouclier tarifaire sur les prix de l’électricité. EDF était alors confronté directement à la crise énergétique ayant suivi l’invasion de l’Ukraine par la Russie et dans le même temps à l’épisode dit de corrosion sous contrainte qui avait nécessité des opérations de maintenance en urgence sur une partie de son parc nucléaire.

Cela s’était traduit pour EDF par une perte catastrophique de 18 milliards …

Article réservé aux abonnés
Pour poursuivre la lecture
Abonnez-vous dès maintenant à Transitions Énergies et soutenez un journalisme indépendant.
Abonnement à 35€ / an
Déjà abonné ? Se connecter

Tous les articles que nous publions ne sont pas libres de droits ; merci de nous contacter avant éventuellement de les republier.

Laisser un commentaire

Les commentaires sont modérés ; restez courtois.

(Possibilité de combiner plusieurs termes)

Derniers commentaires :

Recevoir la Newsletter hebdomadaire