La France doit-elle investir massivement dans l’électricité solaire après avoir produit l’an dernier 95% d’électricité décarbonée? D’autant plus, que la demande stagne et que la production nucléaire et hydraulique est amplement suffisante. Au point d’avoir battu l’an dernier des records d’exportations. La question mérite d’être posée. Elle est en fait esquivée, mais apparait en filigrane dans les objectifs de la troisième édition de la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) mise « en consultation » le 7 mars… et élaborée laborieusement depuis 2021. Le gouvernement y revoit très légèrement à la baisse les ambitions concernant le solaire. Tandis que la précédente version prévoyait de 54 à 60 gigawatts (GW) de capacités installées, en 2030, et une cible haute de 100 GW, en 2035, l’exécutif mise désormais sur 54 GW au maximum à la fin de la décennie et 90 GW au plus haut, en 2035.
La France a-t-elle besoin de développer rapidement et massivement la production d’électricité photovoltaïque ? C’est une question que se pose le gouvernement… sans vraiment le dire. Il faut dire que le solaire photovoltaïque est l’énergie renouvelable préférée des écologistes et des technocrates bruxellois. Les prix des panneaux se sont effondrés depuis une décennie notamment grâce à la surproduction chinoise qui au passage a éliminé toute concurrence. La dernière usine de fabrication de panneaux a fermé en France et les industriels chinois qui contrôlent totalement le marché mondial ont même fini par s’organiser en cartel pour limiter l’effondrement des prix. Par ailleurs, les parcs solaires ne mobilisent pas d’oppositions locales farouches comme les éoliennes terrestres et marines et les méthaniseurs. Enfin, les panneaux sont faciles à installer y compris chez les particuliers pour leur autoconsommation.
Pour autant, le solaire photovoltaïque n’est pas sans désavantages, surtout à l’échelle des réseaux électriques. Sa production est par nature intermittente. Elle dépend étroitement de la météorologie et des conditions d’ensoleillement et… elle disparait la nuit. Elle est faible en hiver quand la demande est la plus importante. Elle déséquilibre les marchés de gros de l’électricité puisqu’elle est par définition abondante quand la demande est relativement limitée, en milieu de journée, et absente en fin de journée ce qui nécessite le recours aux moyens de production dits pilotable quand les éoliennes ne peuvent pas prendre le relais, faute de vent.
Prix négatifs de l’électricité
Cela se traduit de plus en plus fréquemment par des variations de prix insensées sur le marché de gros de l’électricité avec des tarifs négatifs dans la journée qui s’envolent quelques heures plus tard. Le phénomène des prix négatifs a représenté 235 heures au premier semestre de 2024, soit 5,4% du temps selon la Commission de régulation de l’énergie. Enfin, l’efficacité énergétique réelle des installations photovoltaïques est limitée et n’a rien à voir avec leur puissance nominale affichée. Elles produisent en moyenne sur une année un peu plus de 20% de leur puissance nominale.
EDF a ainsi fait savoir au début de l’année que les ambitions en matière de solaire étaient « …
Une réponse
La France a-t-elle besoin de développer rapidement et massivement la production d’électricité photovoltaïque ? C’est une question que se pose le gouvernement… sans vraiment le dire.
La réponse est non!!!