Politique énergétique : les Français habités par le doute

Un sondage exclusif réalisé il y a deux mois par l’IFOP pour Covalence et le Cérémé (qui est un actionnaire de la société éditrice de Transitions & Énergies) apporte des informations inédites et précieuses sur l’opinion des Français sur la politique énergétique du pays. Elles ne sont pas, dans l’ensemble, réjouissantes. Le déficit d’informations fiables du pays sur les questions énergétiques est criant. Mais tout le monde n’y a pas forcément intérêt.
Par Éric Leser. Article publié dans le N°26 du magazine Transitions & Energies.

Premier enseignement, la défiance est grande dans l’opinion, car la politique énergétique du pays est considérée comme étant sous l’emprise des lobbies et des entreprises.

Deuxième point important, les Français ont le sentiment de ne pas être bien informés et même d’être désinformés. Seuls les experts apparaissent dignes de confiance sur des sujets perçus, à juste raison, comme techniques.

Enfin, ils sont convaincus que, quoi qu’il arrive ou presque, leurs factures d’électricité ne peuvent que fortement augmenter dans les prochaines années.

À souligner que les clivages partisans existent, mais ils ne sont pas pour autant aussi caricaturaux que dans le débat public. Les sympathisants de droite par exemple sont pronucléaires et moins allants sur les renouvelables, mais sans pour autant être totalement fermés sur la question. Par ailleurs, il existe aussi des clivages générationnels et de genre parfois très marqués.

Un mélange de réponses pertinentes, contradictoires et fausses

Maintenant, sur le fond des sujets et face aux questions posées, les réponses sont tout de même assez souvent pertinentes, mais aussi contradictoires et incohérentes, voire parfois erronées.

Le rôle majeur du nucléaire dans la production électrique est très bien identifié. Ainsi, 70 % des Français le désigne comme la source de production d’électricité la plus importante… à hauteur justement d’environ 70 % dans le mix électrique.

Mais il faut souligner des différences importantes entre les générations et les genres. Ainsi, 85 % des hommes considèrent que le nucléaire est la source d’énergie principale dans la production d’électricité et 57 % des femmes, un écart de 28 points ! De la même façon, 59 % des 18-24 ans ont identifié le nucléaire comme essentiel à la production d’électricité contre 73 % pour les 35 ans et plus.

Plus problématique, seuls 5 % des personnes interrogées ont conscience du fait que la consommation d’électricité stagne et dans les faits baisse légèrement depuis plusieurs années. Ils sont même pas moins de 65 % à penser qu’elle augmente légèrement et même 26 % à croire qu’elle progresse fortement. Et dans ce domaine, tout le monde est mal informé avec peu de différences entre les sexes et les générations.

Une majorité favorable à… un moratoire sur les renouvelables

Pas étonnant alors s’ils sont favorables par principe à l’augmentation des capacités de production nucléaires et renouvelables. D’autant, et cette fois la compréhension des enjeux est bonne, qu’ils sont 67 % à juger crédible le risque d’un doublement des factures d’électricité d’ici cinq à dix ans.

Mais ils ont ainsi conscience des exportations massives et donc de …

 

 

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