À propos de ces pertes dues aux catastrophes futures…
Lorsque l’évaluation nationale des risques climatiques de l’Australie (NCRA) a été publiée la semaine dernière, des titres annonçaient que
« le changement climatique pourrait coûter aux Australiens 40 milliards de dollars par an d’ici 2050 ».
Il s’avère que cette affirmation est manifestement fausse. Examinons-la de plus près.
La NCRA affirme le coût de 40 milliards de dollars à la page 102 :
Selon le rapport Colvin (2024), les coûts des catastrophes projetés dans chaque État et territoire pour les inondations, les feux de brousse, les tempêtes, les cyclones et les tempêtes de grêle dans un scénario d’émissions modérées pourraient totaliser un coût annuel d’environ 40,3 milliards de dollars d’ici 2049-2050 (valeur médiane).
Cependant, la Colvin Review ne dit en réalité rien de tel.
Voici ce qu’il dit (p.13) :
Sur la base d’estimations moyennes en dollars réels de 2023-2024, le coût économique total prévu des catastrophes naturelles en Australie s’élève à 11,8 milliards de dollars en 2023-2024 et devrait atteindre 40,3 milliards de dollars en 2049-2050. Ce coût de 40,3 milliards de dollars pour 2049-2050 prend en compte la croissance sous-jacente anticipée de l’impact des catastrophes naturelles, due à des facteurs tels que la croissance démographique, le nombre et la taille moyenne des logements menacés. Ces estimations de coûts ne tiennent pas compte des impacts sous-jacents du changement climatique.
La NCRA a laissé entendre que l’étude Colvin projetait les coûts futurs des catastrophes dans le cadre d’un « scénario d’émissions modérées », alors qu’en réalité, elle ne prenait en compte que les facteurs sociétaux. Pour une évaluation gouvernementale formelle, c’est, au mieux, incroyablement bâclé.
Si j’étais un journaliste qui promouvait sans relâche une fausse statistique ou un membre du public qui la digèrerait, je serais assez contrarié et trompé.
Le graphique ci-dessous montre les pertes normalisées assurées en cas de catastrophe en Australie de 1967 à 2025.
- Il n’y a pas de tendance générale, une fois les pertes ajustées aux changements sociétaux.
- La méthodologie est basée sur notre article de 2019 :
McAneney, J., Sandercock, B., Crompton, R., Mortlock, T., Musulin, R., Pielke Jr, R., et Gissing, A. (2019). Pertes d’assurance normalisées dues aux catastrophes naturelles australiennes : 1966-2017 . Environmental Hazards , 18 (5), 414-433.

Comment les événements extrêmes évolueront-ils à l’avenir avec le changement climatique en Australie ?
La réponse est que nous ne le savons pas.
Andy Pitman, un climatologue courageux de l’Université de Nouvelle-Galles du Sud et directeur du Centre d’excellence ARC pour les extrêmes climatiques, a expliqué la semaine dernière après avoir également lu le rapport du NCRA :
Nous ignorons ce que l’avenir nous réserve en matière d’inondations fluviales, de cyclones tropicaux, de tempêtes et de sécheresses. Réfléchissons-y un instant… nous ne disposons pas de projections fiables à ce sujet.
Nous savons cependant que les pertes dues aux catastrophes augmenteront simplement en raison de l’augmentation de la population, de la croissance des biens et de la richesse. Le climat futur connaîtra de nombreux extrêmes, avec ou sans changement climatique. Ces facteurs à eux seuls nous permettent d’agir face à un avenir incertain.