Dans un rapport intitulé « Pour une politique française et européenne de l’énergie ambitieuse et réaliste », l’Académie des technologies somme les pouvoirs publics de se ressaisir, d’apporter des « ajustements urgents à la PPE3 » (Programmation pluriannuelle de l’énergie version 3) et de redonner ainsi de la cohérence et du réalisme à la politique énergétique du pays. Sinon, il n’a aucune chance d’atteindre les objectifs fixés de décarbonation de son économie.
L’Académie des technologies a rendu public le 27 octobre un rapport important sur la politique énergétique de la France et la trop fameuse PPE3 (Programmation pluriannuelle de l’énergie, version 3). Il est intitulé « Pour une politique française et européenne de l’énergie ambitieuse et réaliste ».
L’habileté de l’Académie des technologies est sur le fond de ne pas ménager ses critiques de la PPE3 et de la façon dont est menée la transition énergétique tout en étant dans la forme mesurée et didactique. Elle souligne ainsi que le débat public n’aborde pas vraiment de front le seul véritable enjeu de la transition qui est de réduire les émissions de gaz à effet de serre.
« Le débat français sur le mix électrique est très animé (nucléaire versus renouvelables par exemple) ; il est utile mais la décarbonation des usages est la clef de la transition énergétique », écrit l’Académie.
« Garantir à tous la disponibilité d’une énergie abondante et bon marché »
Elle estime que
« l’objectif environnemental de réduction des émissions doit se combiner avec, d’une part, un objectif social pour garantir à tous la disponibilité d’une énergie abondante et bon marché et économique d’autre part pour assurer la compétitivité de l’économie française et sa souveraineté, dont la production en France et en Europe des composants et services nécessaires à la décarbonation ».
Pour cela il importe de faire
« des ajustements urgents à la PPE 3 et à la SNBC [Stratégie nationale bas carbone] 3 ». Car l’Académie « identifie plusieurs fragilités majeures de la PPE 3 qui doivent être corrigées… Pour la France, qui a déjà une électricité quasiment complètement décarbonée, les trois enjeux essentiels sont 1) la décarbonation des usages, 2) une sobriété énergétique préparée, choisie et partagée, 3) une croissance maîtrisée des énergies décarbonées (éolien, solaire, hydraulique, nucléaire, biomasse et géothermie) ».
Les prix de l’électricité sont devenus un obstacle
Il est ainsi nécessaire que « le mix électrique prenne en compte les coûts complets des différentes énergies et leur impact sur le système électrique (production, mais aussi stockage, stabilité des réseaux, sécurité de la production et de son approvisionnement en matériaux etc.) ».
L’Académie insiste sur le fait que
« la décarbonation des usages sera la clé du succès, avec trois enjeux principaux : le transport, le secteur résidentiel et tertiaire et l’industrie …